L'écoute du regard
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Connaissances de l’Est

Connaissance de l’Est

Année: 1914
Auteur: Paul Claudel (18681955)
Éditeur: Georges Crès

En 1909, Victor Segalen (1878-1919) part pour la Chine dans la Marine comme ‘interprète en formation’. Il découvre là-bas la Ville Interdite, écrit différents livres sur la Chine, comme par exemple le recueil Stèles, et donne des cours en anglais au Collège Impérial de la Médecine. En 1913, il revient à Paris. Là, quelques collectionneurs et amis littéraires font en sorte qu’il puisse organiser une nouvelle expédition en Chine, pouvant ainsi combiner le littéraire avec le scientifique.

La publication d’une série de livres fait partie de ce nouveau projet. En août 1913, l’éditeur français Georges Crès demande à Segalen d’en être le rédacteur et il en résulte une petite collection: la Collection Coréenne. Segalen choisit ce titre lui-même et fait paraître son recueil Stèles comme premier volume. Par ailleurs, il éditeAladin ou la Lampe magique dans la traduction de Mardrus, ainsi que Connaissance de l’Est de Paul Claudel. Ces trois livres sont imprimés en 1914 sur du papier Coréen à Pékin chez Pei T’ang, l’imprimerie des Lazaristes.

Claudel et Segalen s’étaient déjà rencontrés à Pékin auparavant. Le 17 août 1913, Claudel lui donne l’autorisation d’éditer ses poèmes en prose qui avaient paru initialement chez Mercure de France en 1900. Les pages de cette réédition étaient imprimées sur une seule face, pliées en deux et cousues à la façon orientale. Les deux tomes sont présentés dans une cassette couverte de soie bleue et pourvue d’onglets.

Victor Segalen n’est pas le seul à apprécier les poèmes en prose de Claudel. Des critiques d’art comme André Gide, Jacques Rivière et Henri Mondor sont également élogieux à son égard. Claudel se souvient de leurs avoir écrits à une époque où il s’intéressait particulièrement aux perceptions et définitions rationnelles: ‘je commençais à ce moment-là à prendre plaisir à la logique, à voir les choses s’exprimer d’une manière complètement rationnelle et raisonnable’.

A la fin du livre, on trouve une ‘justification de l’édition’ anonyme. Il est presque certain qu’elle a été rédigée par Segalen lui-même. Il explique que les initiales de chaque chapitre (imprimées en noir sur un cachet rouge) font référence aux cachets traditionnels.

  • Formes chinoises: Centenaire de Victor Segalen 1878-1919. Paris, Musée Cernuschi, 1979
  • Jane Greenfield, ABC of bookbinding. New Castle, DE, Oak Knoll Press; New York, NY, Lyons Press, 1998
  • Claude-Pierre Perez, Le défini et l’inépuisable: Essai sur Connaisance de l’Est de Paul Claudel. Paris, Les Belles Lettres, 1995
  • Victor Segalen, voyageur et visionnaire. Paris, Bibliothèque nationale de France, 1999